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Occitan

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Animateur : Jean Claude DUGROS

 

Contact : 06 87 35 59 44 ou J.Cl. Dugros 05 53 61 32 92

 

Séances : mercredi 14h30 à 16h - Salle du patrimoine, Médiathèque  de Bergerac

 

Per l'onor dau pais sostenér e per sa dignitat mantenér...  Pey de Garros

L'ATELIER DE LANGUE D'OC

 
 

La langue occitane, proche du latin, apparaît au IXe siècle, employée dans les textes juridiques puis littéraires, scientifiques et religieux. Du XIIe au XIIIe siècle, elle donne lieu à une littérature prospère, répandue dans tous les milieux cultivés d’Europe par les troubadours inventeurs de l’amour courtois. Les termes langue d’oc, occitan et Occitanie apparaissent à la fin du XIIIe siècle. Le poète Dante distingue alors les trois langues qui dominent l’Europe : la langue d’oïl (le français), la langue d’oc (l’occitan) et la linguo del si (l’italien).

 « ln partibus Occitaniae », cette formule apparaît dans les documents officiels du royaume capétien, après 1271, au moment où les terres du Languedoc sont rattachées à la France. Le français s’implante progressivement au-dessous de la Loire et bien vite, au temps de Ronsard et de Malherbe, il ne sera « bon bec que de Paris ».

La langue d’oc, première littérature européenne de langue moderne, issue du latin, donne naissance à un phénomène inédit : près de 500 auteurs-compositeurs, à la fois poètes et musiciens, qui partagent le même idéal et écrivent dans la même langue, de l’Auvergne au Portugal et de l’Aquitaine à l’Italie !

 À la cour des seigneurs de Poitiers, peu avant 1100, se produit un vrai miracle : une langue naît et une civilisation, celle de l’Amour. Guilhem IX (1071-1126), le premier troubadour connu, crée la langue du trobar et invente la fin « amors.

 Toutes les cours européennes vibreront au son enivrant de cette langue chantante, accompagnée par la musique des vielles, des flûtes et des cornemuses. Les plus grands souverains ont écrit dans cette langue devenue universelle, qu’ils s’appellent Richard Coeur de Lion, Alphonse X de Castille, Frédéric Barberousse ou Dinis de Portugal. Mais, comme un printemps des poètes trop vite passé, cette chanson joyeuse se changera en cri de désolation devant la guerre et « l’agonie d’une civilisation » (Simone Veil), sous le choc des armes des croisés venus brûler et détruire les terres du comte de Toulouse. L’un des plus sincères, parmi les troubadours, l’auteur de la chanson anonyme sur la croisade Albigeoise, exprime cette mort de la poésie et de la joie, dans cette belle prière : Que Dieu rende la tèrra als seus fisèls amans ! « Que Dieu rende la terre à ses fidèles amants », ce cri du cœur traduit le désarroi de ceux qui voient mourir une patrie où il faisait bon vivre dans le respect de tous et sous le signe de la liberté et de la tolérance, appelée du joli nom de Paratge, « égalité ».

(texte d'après l'abbé Georges Passerat, Trésors de langue d'oc : des troubadours aux félibres, in Revue de l'association des bibliothécaires français, n° 24, mai 2004)

 

 

Au XIIème et XIIIème siècles, il faisait bon vivre au sein de la poésie des troubadours et de l’amour courtois dans le respect de tous et sous le signe de la liberté et de la tolérance, appelé sous le joli nom de Paratge (« égalité »). Ce sont les barons du Nord au nom du Pape puis du Roi qui viendront anéantir le pays où sont nés la courtoisie, les bonnes manières de la Cour... et de l’AMOUR.

 
 

La littérature occitane est la plus ancienne des littératures modernes en Europe : dès le Xème siècle de longs poèmes religieux attestent que cette langue est déjà en possession de tous ses moyens littéraires : le rayonnement des troubadours des XIIème et XIIIème siècles s’étend sur toute l’Europe. Depuis, malgré les vicissitudes de l’histoire, cette littérature s’est maintenue avec une grande variété, jusqu’au Prix Nobel obtenu par Mistral en 1904. Qu’en est-il aujourd’hui ? La langue des troubadours est étudiée actuellement dans plus de cent universités dans le monde et trop peu en France.

 

L'Université du Temps Libre de Bergerac est fière de compter parmi ses animateurs bénévoles un écrivain passionné par notre histoire....

Jean-Claude Dugros présente « Chant de la vielle », un livre qu’il a cosigné avec Bernard Lesfargues.

©  SUD-OUEST  publié le 08/06/2015 par Denis Gilabert

 

« Chant de la vielle », c’est la nouvelle anthologie de l’écrit en occitan du Bergeracois, préparée par Jean-Claude Dugros et Bernard Lesfargues. Elle couvre la période du XIIe siècle à nos jours.
L’ouvrage présente des poésies et des écrits en prose en occitan, avec leur traduction en français.       

   
« Au départ, il y a le travail réalisé par Bernard Lesfargues pour la félibrée de Bergerac en 1961, qui présentait la poésie depuis les premiers troubadours bergeracois, Salh de Scola, Elias Fonsalda et Peire de Bragairac, en passant par Beausoleil, Jasmin, Jules de Termes, Pierre Gessé, Méry de Bergerac, Jean-Guichard... Modestie oblige, l’auteur n’avait pas jugé bon de faire figurer ses propres œuvres dans ce premier recueil. Je lui ai donc proposé de reprendre ensemble ce travail, de l’enrichir et de l’augmenter pour une nouvelle édition 2015 qui porte le nom d’un de ses poèmes. Vous trouverez ainsi trois poèmes récents de Jean-Paul Blot, quatre de Philippe Angelot et bien sûr 13 œuvres de Bernard Lesfargues, preuve que la tradition poétique en occitan perdure en Bergeracois. Nous avons souhaité ajouter des poèmes de Pierre Miremont, Majoral du Félibrige, et Martial Rouby, poète et conteur. Puis, nous avons complété cette anthologie par des textes en prose, notamment des extraits des “Jurades” et du “Libre de vita” de la ville de Bergerac, cahier de doléances réalisé à la demande des consuls de la cité entre 1378 et 1382. Ces textes renseignent bien sûr la vie de la ville et des exactions commises en pleine guerre de Cent Ans. Les “Vèrba a Diu” sont également une curiosité intéressante de la poésie populaire. Je remercie vivement Bernard Lesfargues de m’avoir fait l’honneur de m’associer à ce travail. »

           

Les textes de 24 auteurs, sur une période de 800 ans, sont présentés dans un livre de belle facture de 259 pages, coûtant 20 euros, publié aux éditions Fédérop avec l’aide de l’Institut Eugène-Roy.